Faut-il démolir les églises du XIXe siècle ? Participez au débat

Publié le par jose

 

 

Les églises du XIXe vieillissent mal. Les communes hésitent entre leur démolition et de coûteuses restaurations. À Notre-Dame-de-Riez, la voûte menace de s’écrouler. Le coût de restauration, estimé à 800 000 €, dépasse les capacités financières de ce gros village de 2 000 habitants, dont le budget communal ne dégage guère plus de 200 000 € par an pour sa section d’investissement.Un problème qui concerne plusieurs centaines d’églises édifiées lors d’un mouvement de reconstruction amorcé avec la Restauration, la monarchie de juillet et le Second empire.Qu’en pensez-vous ? Faut-il tout faire pour sauver ces églises ou opter pour leur destruction ? Ouest France ouvre le débat : donnez votre avis !

 

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Faure-Brac 06/07/2011 10:11


Il doit y avoir 40 000 églises en France dont un bon nombre ne sont pas assez entretenues et menacent ruine. Faut-il les sauver toutes? à l'évidence, ce ne serait possible que par un très gros
effort financier des Régions, des Départements ou des Communes. Or, dans le même temps, les fonds destinés au patrimoine se réduisent. On va vers une situation où l'on sauvera les églises classées
et inscrites et où l'on abandonnera les autres, par exemple celles du XIXe siècle, à leur sort. Au nom de quoi agirait-on autrement, en entretenant à grands frais des édifices que très peu de gens
fréquentent? Une seule réponse possible: au nom de leur valeur patrimoniale ou paysagère (certaines églises de montagne sont extraordinairement en accord avec le paysage).
Mais qui va décider au nom de ce critère? La seule autorité en matière esthétique, c'est l'Architecte des Bâtiments de France; mais il n'est consulté que sur les bâtiments inscrits et leur
périmètre de protection. Pour les autres, ce sont les élus seuls qui décident, sur des critères bien différents (le coût prévisionnel, l'action des groupes de pression, leur conviction
personnelle).
Sauf à remettre en cause la démocratie, je ne vois pas comment agir autrement. De voir tomber en ruines, par exemple, des églises corses vénérables me déchire, mais c'est comme ça. il reste temps
d'engager une course contre le temps, d'inscrire un maximum d'églises sur l'inventaire supplémentaire des MH, mais à la condition de ne pas oublier d'inscrire les crédits au budget. Sans oublier
non plus, dans le même temps, que les fonds deront être trouvés quelque part. Faisons face à l'évidence: il est indispensable d'incrire la résignation dans nos têtes.
Pierre Faure-Brac
Architecte